Journal de bord

4 janvier 2016

Bac de français

Il y a quelques temps je me suis attelé à la sélection des textes que je dois présenter pour le français.

En effet le candidat libre est … libre de choisir les textes de langue française qu’il étudie et présente.

J’ai sélectionné dans ma bibliothèque 17 bouquins dont j’ai fait deux piles sans ordre particulier.

Hier je prends le premier bouquin d’une pile.

Dans ce bouquin 18 auteurs parlent des articulations de l’hypnose avec la psychanalyse.

Je choisis le premier de ces textes qui – après l’introduction de Léon Chertok – va de la page 29 jusqu’à la page 54.

Il me faut entre deux et trois heures pour « couvrir » le dit texte.

Couvrir c’est :

– chercher sur WikiPédia les articles sur l’auteur du texte et sur les auteurs qu’il cite

– réaliser une note de lecture à partir des éléments-clés qui composent le texte

Demain, je vais scanner le texte et constituer le classeur que je présenterai au bac.

Une où plusieurs fois avant l’examen je retravaillerai à partir de ma note de lecture.

Hier soir j’ai pris -toujours au hasard – le second livre « La construction humaine de l’islam » Entretien avec Mohamed Arkoun spécialiste de l’analyse du discours du Coran.

En travaillant sur le texte je réalise que :

  • j’ai acheté ce livre pour l’offrir à un ami
  • le livre est resté « en attente » sur un rayon
  • me voilà en train de l’étudier … pour le bac

La valse des jolies filles
Avant hier je travaillais l’italien – de Dante à Goldoni.

Il est deux heures du matin et – dans ma tête – il y a un tourbillon qui me perturbe.

Une sorte de danse où virevoltent la Béatrice de Dante, la locandiera – aubergiste de Goldoni, les cousines de Mohamed de Médine et les hystériques de Bernheim de Nancy.

Et j’ai la confirmation d’une des hypothèses que j’ai pu faire sur mon impossibilité à préparer le bac.

Quand je lis Dante, je tombe amoureux de Béatrice – c’était vrai à l’âge de 18 ans, ça l’est toujours 1/2 siècle plus tard.

Quelques heures plus tard le prof me dit « C’est fini pour Dante, on passe à Pétrarque ! »

Alors je tombe amoureux de la Laure de Pétrarque – c’était vrai à l’âge de 18 ans, ça l’est toujours 1/2 siècle plus tard.

Et c’est juste insupportable.

L’institution éducative m’oblige a être une sorte de Don Juan qui zappe de femme en femme.

De Béatrice à Laure pour l’italien. De la fille du songe d’une nuit d’été à la Catriona de David Balfour pour l’anglais. De la belle de Ronsard à Emma Bovary.

La société – en quelque sorte – m’oblige a être polygame et zappeur fou.

Fureur

En 1967 je suis dans une fureur noire par rapport à cela – à ce zapping fou du lycée – et je descends dans la rue pour crier cela.

Cela tombe bien, le cri du jour c’est « Fouché démission » et Fouché est le ministre de l’éducation nationale.

Passion

Ma passion – au collège puis au lycée – c’est de faire des exposés.

Pour un exposé :

  • je choisis un thème dans ce qui me passionne – les chemins de fer, la dérive des continents, la musique de Verdi – en classe d’Italien – le suicide chez les philosophes – classe terminale, etc.
  • je fais une recherche documentaire dans les bibliothèques de la petite ville
  • je fais – quand c’est possible – une enquête sur le terrain, auprès de spécialistes, etc.
  • je prends le temps de mettre en forme

Au collège puis au lycée je travaille déjà dans l’esprit de la recherche doctorale que je ferai 40 ans plus tard !!!

La meilleure méthode pour échouer au bac

J’ai donc deux « qualités » :

  • j’ai horreur de zapper trop vite d’un sujet à l’autre
  • j’aime travailler un sujet « à fond »

Ces deux choses additionnées sont exactement de qu’il faut pour échouer au bac !!!

La sagesse ?

En 1967 je suis descendu dans la rue.

En 2016 ?

Je parle de mes horribles frustrations dues au zapping lors de ma séance hebdomadaire de psychanalyse.

Je travaille absolument seul donc je choisis quand je zappe.

Je vais peut-être pouvoir couvrir suffisamment le programme.

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